Territoires Hautement Citoyens, une méthode pour mettre fin à la crise démocratique

par Aubin Brandalise

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Focus

Mulhouse, premier « Territoire Hautement Citoyen »

« Pendant la campagne municipale de mars 2014, j’ai observé l’envie fantastique des citoyens de participer », constate Jean Rottner. Alors, quand le maire de Mulhouse entend parler du projet de Territoires Hautement Citoyens, il est le premier à engager sa commune dans cette dynamique démocratique. « C’est la norme ISO de la démocratie locale » dit-il !

L’objectif vise à repenser, collectivement, le schéma de gouvernance du territoire pour que les citoyens s’impliquent davantage. « La démocratie citoyenne se limite trop souvent à la sanction ou la validation, il faut passer à une démocratie d’action. Nous avions déjà, à Mulhouse, les conseils de quartier et de jeunes, les budgets participatifs, ou encore le bistrot des associations, mais ces outils ne concernent que les « habitants professionnels », il fallait ouvrir encore plus », explique Jean Rottner.

Réinterroger l’organisation municipale - La première étape consiste à réinterroger l’organisation municipale, en recueillant l’avis des élus locaux, des agents territoriaux et en « s’appuyant sur l’expertise d’usage citoyenne ». L’intérêt, à ses yeux : « une meilleure compréhension des politiques publiques par les habitants, laissant la place à leur épanouissement ».

Mais pas question d’imposer un tel changement d’en haut. « Mon rôle est celui d’un animateur du territoire, d’un facilitateur. Je me connecte avec les initiatives qui foisonnent sur le terrain afin de faire le lien entre elles et ainsi créer l’émulation », tel un chef d’orchestre. En d’autres termes « ne plus faire à la place de, mais faire avec, en confiance ». Et de citer l’exemple de Motoco, une pépinière d’artistes, d’artisans et d’entrepreneurs, qui a pris racine sur une ancienne friche industrielle de 100 000 m2, et est en train d’inventer un nouveau modèle économique. Et ce, tout en tissant du lien social, suivant le cahier des charges imposé par la municipalité.

Pas question non plus de récupérer ces initiatives innovantes émanant de la société civile, mais, pour reprendre les mots d’Armel Le Coz, « de les outiller, de les financer, de les mettre en réseau et de leur donner la place dans le schéma de gouvernance de la commune ».

Parmi les pistes envisagées, à Mulhouse, dans le sillage de cette philosophie : la création d’une agence de la vie citoyenne responsable de l’agitation citoyenne, en correspondance avec les services de la ville.

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