Tribune de Jean Rottner
suite aux déclarations
de Manuel Valls
à l’Assemblée Nationale

par agenceCC

Ecoutons les Alsaciens du peuple, à défaut du peuple Alsacien !

Après le mépris des élus locaux et des populations concernées dans le cadre de la réforme territoriale souhaitée par le Gouvernement, nous avons assisté hier à une autre forme de dédain de la part du Premier ministre répondant à une question légitime du Député Patrick Hetzel. Ce dernier faisait écho à la grande manifestation qui a vu plus de 15 000 alsaciens se réunir samedi dernier à Strasbourg pour affirmer haut et fort leur hostilité à la création d’une méga région Alsace-Lorraine- Champagne-Ardenne.

Faute d’avoir été consultés et associés, les parlementaires et les élus locaux ont usé de tous les moyens possibles pour interpeller de manière républicaine le Gouvernement. A un moment où la nation est si fragile, on attendrait d’un Premier ministre qu’il fasse preuve d’écoute et qu’il se pose en rassembleur. A côté de cela, nous devons subir tout l’inverse. Les propos de Manuel Valls ne sauraient en aucun cas contribuer à un apaisement ou à l’instauration d’un vrai dialogue. Et nous ne méritons pas qu’on balaie d’un revers de main la mobilisation sans précédent des alsaciens du peuple, à défaut du peuple alsacien !

Vouloir qualifier notre région et ses habitants d’identitaires, de « repliés sur eux-mêmes », c’est faire fi de notre culture, de l’action de personnages à l’aura universelle comme le Dr Albert Schweitzer ou le sculpteur Auguste Bartholdi, de notre position au carrefour de l’Europe, et surtout de l’Histoire qui a vu les Alsaciens d’une même génération changer plusieurs fois de nationalité ! Nous attendons autre chose de notre Gouvernement que des anathèmes aux relents de IIIème République. Samedi lors du rassemblement de l’Alsace unie, c’est la Marseillaise qui a clos notre réunion et couvert les manifestations d’hostilité de ceux qui n’aiment pas la République.

L’Alsace et les Alsaciens n’ont de leçons de morale ou de patriotisme à recevoir de quiconque. Je doute que l’on se serait permis de tels propos face à des parlementaires bretons ou corses. Alors que pourtant, les Alsaciens ne demandent ni plus ni moins que d’être traités avec le même égard. Le Premier ministre accumule les fautes. Les Alsaciens savent pardonner à ceux qui reconnaissent leurs erreurs.

Jean Rottner
Maire de Mulhouse

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